« Nous nous noyons dans un océan d’infos inutiles. »
Jamais nous n’avons été autant connectés, pourtant nous sommes devenus invisibles.
Nous crions toujours plus fort, mais personne ne fait vraiment attention à nous.
Et si capter l’attention n’était pas manipuler, mais au contraire respecter l’intelligence de ton audience ?
D’abord, mesure l’ampleur du brouhaha.
Ensuite, décodons ton cerveau pour armer ta voix autrement.
L’attention : ressource rare et coûteuse
Il faut niquer le yaourt
Je me rappel l’interview d’un directeur de Coca-Cola. La journaliste, droite dans son fauteuil, l’interrogea calmement :
— Quels sont vos concurrents directs ? Pepsi, sans doute ?
Un léger sourire apparut sur le visage du directeur. Puis, avec une assurance déroutante, il répondit :
— Non. Nos concurrents, c’est tout ce que vous mangez ou buvez chaque jour. L’estomac a une taille fixe. Dès qu’il est plein, plus personne ne peut boire une goutte supplémentaire de Coca.
Il marqua une pause, semblant savourer l’instant avant d’ajouter avec un calme chirurgical :
— Donc, il faut niquer le yaourt.
L’expression, inattendue et brutale, résonna dans mon esprit comme un écho dans une pièce vide. Mais derrière la provocation se cachait une vérité implacable. Exactement comme l’estomac, votre cerveau a une limite stricte. Chaque jour, vous recevez un déluge d’informations, de messages et de sollicitations incessantes. Pourtant, votre cerveau ne peut en absorber qu’une petite fraction.
Dans cette lutte permanente pour capter votre attention, chaque annonceur, chaque réseau social et chaque entrepreneur livre une bataille féroce pour obtenir une place dans votre esprit. Le yaourt, ici, c’est tout ce qui détourne votre attention. C’est l’article concurrent, le mail inutile, la notification intempestive qui vous éloigne de votre objectif principal.
L’attention n’est pas juste une question de temps, mais surtout d’énergie mentale limitée. Chaque information que vous laissez entrer coûte quelque chose. Alors, comment choisir avec sagesse où placer cette précieuse ressource ?
Nous sommes tous concurrents dans cette course à l’attention. Pourtant, la vraie victoire ne revient pas forcément à celui qui crie le plus fort. Elle revient plutôt à celui qui comprend précisément comment fonctionne l’esprit humain.
Mais comment peut-on apprendre à « niquer le yaourt » sans trahir ses propres valeurs ?
Rareté statistique l’attention
Regardez ce graphique. Une courbe monte vertigineusement, représentant la quantité d’informations disponibles. Elle double tous les quatre ans. En dessous, une ligne plate, presque insolente, indique la capacité fixe de l’attention humaine. Le contraste est saisissant, presque injuste.

Autour de nous, résonne sans cesse un brouhaha numérique. Comme à la bourse, où chaque trader crie plus fort que l’autre, chacun tente de vendre son message. Notre cerveau, inchangé depuis des milliers d’années, lutte pour surnager dans ce tsunami d’informations.
Face à cette réalité implacable, votre esprit est forcé de filtrer, de choisir constamment ce qui mérite votre attention. Cette sélection permanente devient épuisante. Comment éviter alors de sombrer dans ce vacarme assourdissant ?
Goulot d’étranglement cognitif de l’attention
Herbert Simon, économiste visionnaire, avait déjà mis en garde dès 1971 : « Une richesse d’informations crée une pauvreté d’attention ». Cette vérité frappe aujourd’hui avec une clarté brutale. Imaginez votre cerveau comme un modem 56k face au débit immense d’Internet actuel. Ce décalage est aussi drôle que préoccupant.
L’économie de l’attention désigne cette compétition féroce pour retenir notre esprit submergé. Un entonnoir rétréci symbolise parfaitement notre capacité cognitive. Combien d’e-mails, parmi ceux reçus chaque jour, retenez-vous réellement ? De nos jours, nous traitons davantage des données statistiques que des informations tangibles. Pourtant, notre cerveau peine à saisir pleinement ces abstractions.
Pour comprendre comment ce filtrage s’opère réellement, il faut explorer le moteur cérébral lui-même.
Dépense mentale mesurable de l’attention
Daniel Kahneman, psychologue renommé, a démontré en 1973 que l’attention coûte une énergie physique réelle. Dans ses expériences, Kahneman mesurait la dilatation de la pupille face à des tâches de complexité variée. Plus la tâche était complexe, plus la pupille s’élargissait, atteignant jusqu’à +0,4 mm en mémorisant seulement sept éléments.
La courbe de Yerkes-Dodson, révèle elle clairement que trop de stimulation réduit la performance. Visualisez cela : lire un tweet simple demande peu d’effort. Résoudre une équation complexe, au contraire, sollicite intensément votre esprit. Ce coût mental se manifeste concrètement dans vos pupilles, indiquant l’effort nécessaire pour traiter chaque information.
Reconnaître ce coût, c’est comprendre qu’un excès d’informations surcharge notre esprit. Cela nous oblige à comprendre qu’il va nous falloir concevoir des messages sobres et précis, capables d’atteindre efficacement leur cible sans épuiser inutilement les ressources cognitives.
La vérité qui éclaire tout
Plus la quantité d’informations disponibles croît, plus notre attention devient précieuse. Cette attention est devenue la nouvelle monnaie d’échange dans notre société numérique. Si vous ne payez pas cette monnaie en clarté, votre message restera invisible, noyé dans le bruit ambiant. C’est la vérité simple mais essentielle qui éclaire tout : un message clair et précis a bien plus de valeur que mille informations confuses.
Cette rareté, ce goulet d’étranglement et ce coût montrent qu’un message efficace doit respecter les limites du cerveau humain. Explorons maintenant les mécanismes internes qui régissent cette précieuse ressource.
Les mécanismes cognitifs : lire le moteur interne de l’attention
Imaginez votre cerveau comme une tour de contrôle dotée de trois pistes essentielles. La première piste oriente immédiatement votre attention vers ce qui se détache clairement du fond. La deuxième piste détecte précisément ce qui mérite votre attention consciente. Enfin, la troisième piste vous maintient en alerte, prête à réagir à tout signal important.
Ce sont les trois porte d’entrée de l’attention de notre cerveau.
Réseau orienting
Un flash soudain dans la nuit m’a détourné le regard. Instantanément, mon attention s’est fixée sur cette lumière inattendue.
Ce phénomène est le rôle précis du réseau orienting, une piste cérébrale rapide qui guide nos sens vers les stimuli les plus saillants.
Imaginez une notification rouge clignotant sur votre écran sombre : en 150 millisecondes seulement, votre cerveau oriente votre regard vers elle.
Quel élément dans votre message joue ce rôle de flash lumineux ?
Une fois orienté, votre cerveau doit maintenant décider précisément ce qui mérite d’être traité.
Réseau detecting
Imaginez-vous dans une foule dense cherchant un visage familier. Votre cerveau, via le réseau detecting, filtre rapidement toutes les informations inutiles pour ne garder que celles utiles à votre conscience.
Pour tester cela, essayez de repérer rapidement un visage dans ces différentes photos.
En seulement 90 millisecondes, votre cerveau reconnaît et sélectionne l’information pertinente. Ce « tri cognitif » explique aussi comment votre esprit filtre les publicités et les messages. Ce soulagement d’avoir réussi à détecter l’essentiel vous permet ensuite de passer à une vigilance accrue.
Réseau alerting
Soudain, une sirène perce le calme, accélérant mon rythme cardiaque.
Voilà exactement l’effet du réseau alerting, ce mécanisme cérébral qui maintient notre vigilance et déclenche une réaction rapide à un signal important. Le cœur bat plus vite pour nous donner l’afflue sanguin nécessaire pour pouvoir agir vite en cas de danger.
Pensez à un bandeau « breaking news » qui surgit à l’écran : il augmente votre vitesse de réaction de 25 %.
Mais attention, une alerte constante peut accroître vos erreurs. Trop solliciter ce réseau peut épuiser rapidement votre attention.
Ces trois réseaux consomment une énergie limitée, à gérer avec soin.
Les réseaux exploitent ces mécanismes de l’attention
Je me suis surpris à faire défiler l’écran, encore. Il était tard. Mon corps fatigué me criait d’arrêter. Pourtant, mon doigt poursuivait son mouvement, comme pris dans une boucle hypnotique.
Je savais ce qui se passait. Je connaissais chaque levier. Et malgré tout… j’étais captif.
C’est là que j’ai compris : ce n’est pas moi qui tiens le téléphone — c’est lui qui me tient.
Depuis longtemps, les géants du numérique ont cessé de vendre des produits. Ils vendent votre temps, votre attention, vos réactions. Et pour cela, ils ont appris à parler la langue du cerveau. Mieux que vous-même.
Chaque notification déclenche votre réseau orienting. Chaque effet sonore ravive votre alerte. Chaque badge rouge stimule votre vigilance. Ce n’est pas un hasard : c’est de la conception. Les plateformes ont été construites par d’anciens spécialistes du comportement, des neuroscientifiques, des stratèges militaires. Leur objectif n’est pas de vous informer. C’est de vous garder captif, connecté, actif.
Comme le montre le documentaire Derrière nos écrans de fumée, tout est pensé pour provoquer ce « petit pic » d’intérêt, ce « petit manque » qui vous ramène. Encore. Et encore.
Le pire, c’est que ça fonctionne. Mais pas sans coût.
Ce conditionnement joue avec vos biais cognitifs, détourne vos intentions, disperse votre énergie. Et pendant que vous perdez le fil de vos idées, vos concurrents, eux, l’ont compris. Ils captent mieux l’attention, construisent mieux leurs messages, et dominent le terrain sans avoir besoin de crier.
Mais tout n’est pas perdu.
Vous pouvez vous protéger. Vous pouvez aussi utiliser ces leviers. Non pas pour manipuler. Mais pour transmettre, pour impacter sans épuiser.
Chaque message devrait viser au moins l’un de ces trois réseaux cognitifs. Orientez l’attention par un stimulus clair. Ciblez le contenu à détecter. Maintenez une alerte dosée.
Un seul message. Un seul effort. Une seule cible.
Plus vous respectez l’esprit humain, plus votre message porte.
Comprendre nos limites guide nos choix. Et maîtriser ces circuits, c’est apprendre à parler la langue du cerveau. Pas à crier plus fort.
Fabriquer un message capturant l’attention
Une vignette rouge sang. Dix mots. Un bouton “Regarder”. Netflix vous happe en trois secondes.
En un clin d’œil, il a tout dit : l’émotion, le décor, la promesse.
C’est là que commence l’art de capter l’attention.
Stimulus clair
Imaginez une étagère remplie de canettes rouges criardes. Juste au milieu, une seule canette grise, mate, sans logo. Vos yeux la captent en premier. C’est automatique. Un contraste visuel fort attire l’œil en moins de 150 millisecondes. C’est ce que les neuroscientifiques appellent un stimulus.
Cela peut être une couleur vive, un son inattendu, un mouvement étrange. Peu importe. Dès que quelque chose sort du cadre habituel, votre cerveau oriente l’attention vers lui. Exactement comme un chat hypnotisé par un laser rouge.
Dans vos créations, posez-vous cette question simple : quel élément joue ce rôle ? Quel détail visuel ou sonore attire, sans crier ?
Choisir une forme, une teinte, une rupture qui détonne dans son environnement, c’est ouvrir la porte de l’attention. Une fois cette porte ouverte, il faudra retenir le regard.
Histoire brève
Je suis resté figé devant l’écran. Une phrase. Dix mots. Aucun effet visuel. Juste une voix calme :
« Un père disparaît. Sa fille trouve un indice dans un rêve. »
J’ai cliqué.
C’est tout le pouvoir d’une histoire brève. Une micro-narration qui s’insinue sans fracas, mais qui pique votre curiosité comme une écharde invisible. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous devez savoir la suite.
Ce n’est pas un slogan. C’est un appât.
Les spécialistes du storytelling ont un secret : ils condensent une intrigue dans une formule simple. Un personnage. Une tension. Un enjeu.
Exemple :
« Tu perds 40 % de ton temps ? Voici comment le regagner. »
Cette phrase suit une structure précise : Qui + veut + éviter + quoi ?
Elle déclenche une quête. Elle ouvre un espace mental. Elle réveille une question silencieuse chez le lecteur : et moi, que ferais-je ?
Faites le test.
Une bonne micro-histoire n’explique pas. Elle suggère. Elle crée un manque. Elle fait ressentir que l’enjeu vous concerne directement.
Dans une publicité, dans une accroche, même dans un bouton : racontez ce que votre produit change. Racontez la vie du client, pas votre discours.
Ce n’est pas long. C’est ciblé. Et cela fonctionne.
Valeur tangible
Le teaser s’achève. L’écran devient noir. Un bouton rouge clignote :
« Regarder maintenant ».
Pas demain. Pas plus tard. Maintenant.
Tout se joue là.
Une fois que vous avez capté l’attention et maintenu la curiosité, il faut offrir une direction claire. Une valeur. Un bénéfice. Et un geste à faire immédiatement.
C’est ce qu’on appelle un CTA : Call To Action. Une incitation directe à agir. Pas à réfléchir. À faire.
Mais attention : un bon CTA n’est pas une injonction. C’est une opportunité concrète. Il répond à une attente. Il facilite un passage à l’acte. Il transforme une hésitation en mouvement.
Chez la plupart des plateformes de streaming, ils ont été encore plus loin. Vous n’avez plus rien à faire le film ou l’épisode suivant se lance tout seul.
Voici votre check-list :
- Un verbe fort : télécharge, découvre, choisis.
- Une urgence douce : maintenant, en un clic, dès aujourd’hui.
- Un seul clic : pas de détour, pas de friction.
Exemple :
« Télécharge la check-list PDF — 2 min de lecture »
Ce genre de formule augmente les conversions de 45 %. Pourquoi ?
Parce qu’elle rend la valeur tangible : elle précise ce qu’on va faire, ce qu’on va gagner, et combien de temps ça prendra.
Vous pouvez même aller plus loin. Construisez un petit tableau de vos verbes d’appel à l’action préférés. Testez-les. Mesurez. Ajustez.
Rappelez-vous : ce n’est pas un clic qui convertit. C’est la clarté de la promesse.
Stimulus, histoire, valeur. Les trois forment un triangle indissociable.
Test du triangle
Imaginez un tabouret. Trois pieds. Un siège.
Enlevez un pied. Asseyez-vous.
Voilà. Vous venez de tester un message sans triangle.
Le triangle de l’attention repose sur trois points :
Stimulus, Histoire, Valeur.
Un seul manquant, et tout s’effondre.
Le stimulus capte.
L’histoire retient.
La valeur fait agir.
J’utilise souvent un test simple que j’appelle le scan bleu-vert-jaune.
Prenez votre message, n’importe lequel.
- Mettez en bleu ce qui attire l’œil ou l’oreille (le stimulus).
- En vert, l’histoire, même brève.
- En jaune, la valeur ou l’appel à l’action.
Et regardez ce qui reste en blanc.
S’il en reste beaucoup, vous avez un problème.
Supprimez ou réécrivez jusqu’à ce que tout entre dans une des trois couleurs.
Vous verrez : c’est radical.
L’émotion, bien dosée, peut renforcer chaque sommet du triangle.
Mal dosée, elle ruine tout.
Explorons ensemble comment en jouer sans en abuser.
Dosage émotionnel
Curiosité contrôlée
93 % des internautes cliquent sur un contenu dont ils connaissent déjà la fin.
Mais…
[Silence.]
Ce « mais » te retient. Il accroche. Il active un levier vieux comme le monde : le bouton curiosité.
Ce bouton, c’est une mini-frustration cognitive. Un manque à combler.
Un vide qui attire.
Pas besoin de mentir.
Il suffit de suggérer une promesse, puis de la suspendre.
Exemple :
« 3 mots volent 2 heures de ta journée. Tu les lis chaque matin sans t’en rendre compte. »
Tu veux la suite ? C’est normal. Ton cerveau déteste l’inachevé.
Outbrain (2022) a montré que les titres contenant une anomalie ou un fait surprenant augmentaient le taux de clic de 28 %.
Mais ce levier est à double tranchant.
Si la promesse n’est pas tenue, tu perds la confiance. Définitivement.
Tu dois éviter le suspense trompeur.
Ne laisse pas croire à une révélation majeure si tu n’as qu’une astuce banale.
Pose-toi cette question :
“Mon accroche soulève-t-elle une vraie interrogation ?”
Quand elle est bien placée, la curiosité fait avancer.
Mais pour qu’elle marque les esprits, il faut y ajouter une surprise mémorable.
C’est ce que nous allons voir maintenant.
Surprise mesurée
Une publicité s’affiche sur un distributeur Coca-Cola.
Un enfant grimpe sur deux canettes…
puis appuie sur Pepsi.
C’est ça, le bouton surprise.
Tu pensais voir un hommage à la marque.
Tu découvres une pirouette inattendue.
Un angle renversé.
Un contre-pied malin.
Et tu souris.
La surprise, bien dosée, casse la routine mentale.
Elle crée un moment de rupture qui attire l’attention plus fort que la répétition.
Mais attention :
La surprise sans crédibilité, c’est le buzz sans suite.
La dissonance provoque le rejet si le fond ne suit pas la forme.
Avant de tenter la surprise, vérifie deux choses :
- L’angle est-il inattendu mais logique ?
- Le message respecte-t-il les attentes profondes de la cible ?
Quand la surprise est maîtrisée, elle transforme un simple message en souvenir durable.
Voyons maintenant comment ces émotions opèrent dans deux exemples concrets.
La maîtrise de l’attention de Netflix
Netflix ne mise pas sur la chance.
Il scrute tes goûts, tes clics, ton historique.
Il ne se contente pas des “j’aime”.
Il analyse ce que tu regardes vraiment. Ce que tu relances. Ce que tu abandonnes.
Et il s’adapte.
Aucun écran d’accueil n’est identique.
Chaque utilisateur reçoit une vitrine sur-mesure.
Avec les bons visuels, les bonnes accroches, au bon moment.
Le teaser d’une série ?
10 secondes, 3 mots, une tension.
Pas besoin d’en dire plus : la curiosité fait le reste.
Netflix applique le triangle complet à chaque proposition :
- Stimulus : vignette contrastée.
- Histoire : teasing visuel + accroche intrigante.
- Valeur : bouton clair, bénéfice immédiat (“Regarder maintenant”).
Et ça marche.
Parce que l’émotion ressentie colle à celle que l’on cherchait.
Le spectateur se sent compris, attendu, guidé.
Pose-toi cette question :
Ton contenu donne-t-il envie d’enchaîner ?
L’inverse se produit quand l’émotion ne correspond pas à l’audience.
Bud Light a oublié sa base
Bud Light voulait innover.
Elle a surpris.
Mais elle a surpris les mauvaises personnes.
En misant sur une campagne inclusive, la marque visait un nouveau public.
L’intention était noble.
Mais le ton humoristique, l’ambassadeur choisi et le timing ont créé un décalage brutal avec son audience historique.
Résultat : le triangle était bon… mais mal orienté.
- Stimulus : inattendu, coloré, décalé.
- Histoire : humoristique, provoquante.
- Valeur : positionnement audacieux, promesse de renouveau.
Mais pour un public attaché à des codes traditionnels, le message a heurté.
Ce n’est pas l’audace qui a dérangé.
C’est le sentiment d’avoir été oublié. Ou pire : trahi.
Les réactions furent vives.
Rejets viraux. Boycott massifs. Bad buzz.
–21 % de ventes en trois mois et une chute vertigineuse en bourse.
Quand l’émotion livrée ne correspond pas à celle attendue, la rupture est brutale.
Pose-toi la question :
Ton message peut-il heurter tes clients fidèles ?
Après l’émotion, reste à choisir comment diffuser le message sans l’étouffer.
Deux stratégies pour capter l’attention : tir à l’arc ou déluge
Un archer inspire. Il bande son arc. Il vise. Il tire.
La flèche file droit au centre. Une cible. Un message. Une frappe nette.
À côté, un fusil tonne.
Des dizaines d’impacts. Tout autour.
Mais rien en plein cœur.
Dans ton contenu, tu peux choisir :
🎯 une flèche parfaitement dirigée
💥 ou un tir large, bruyant, flou
Quelle arme vas-tu choisir pour ton prochain message ?
Tir à l’arc : principe
Un message unique, pensé pour un segment précis, transmis sur le canal naturel de ce public.
Pas de bruit. Pas de dispersion. Juste un coup précis, propre, économique.
On appelle ça :
- 🎯 Ciblage étroit (ou niche)
- ⏱️ Faible cadence
- 📡 Canal unique
Voici le schéma à retenir :
Segment → Message personnalisé → Canal préféré de la cible
Déluge : principe quantitatif
Tu multiplies les canaux. Tu augmentes la fréquence. Tu veux être partout, tout le temps.
On appelle ça :
- 📡 Omniprésence
- 🔁 Multi-canaux
- 📣 Haute fréquence
Tu veux un exemple ?
Regarde un mur d’affiches Coca-Cola.
Tu peux l’ignorer une fois. Pas dix.
Avec un budget colossal, ça marche.
Mais soyons lucides : tu n’as pas le budget de Coca.
Question : Ton budget permet-il une pression continue sans retour de flamme ?
👉 Le volume semble rassurant…
Mais cache des coûts.
Choisir sa trajectoire
Certaines marques hurlent.
D’autres chuchotent à l’oreille.
Mais toutes doivent choisir comment elles veulent être entendues.
Pose ton doigt dans cette matrice simple.
🏹 Tir à l’arc = Apex du calcul froid
- Moins de budget.
- Moins d’irritation.
- Meilleure conversion.
- Notoriété plus lente, mais plus solide.
💣 Déluge = Impact massif… au début
- Notoriété forte, brute.
- Rendement marginal décroissant.
- Risque de rejet ou d’usure de marque.
Commence petit. Tire juste. Teste ton message.
Élargis ensuite. Prudemment.
Pas besoin d’opposer les deux modèles.
Tu peux même arriver avec l’expérience à faire un bon mélange des deux.
Minimalisme digital : reprendre le contrôle de son attention
J’ai longtemps cru que je maîtrisais mes outils.
Puis j’ai regardé mon agenda… et j’ai vu les shorts à la place de mon temps libre.
Un chiffre m’a fait l’effet d’une gifle :
2 h 30 par jour sur les réseaux, c’est 38 jours par an.
Un mois entier.
Un mois que je pourrais passer avec mon fils. Ou écrire. Ou juste respirer.
Alors j’ai testé un truc tout bête :
plus aucune notification. Même les appels.
J’ai supprimé tous les badges rouges. J’ai fermé les onglets par défaut.
J’ai décidé quand je lis mes messages.
Et j’ai pris l’habitude de publier sans entrer dans les applis, via des outils dédiés.
À 22 h, tout s’éteint. Même moi.
Le résultat ?
Je produis mieux. Je dors mieux.
Et surtout, je choisis ce que mon cerveau traite.
Ce n’est plus Instagram qui dicte l’instant.
Je ne suis pas devenu moine digital.
Mais je suis passé du bruit à l’intention.
👉 Si ce sujet t’intéresse, je prépare un article complet sur comment préserver son attention sans quitter les réseaux.
Tu verras, il ne s’agira pas de fuir, mais d’apprendre à viser juste.
Reprends le micro de l’attention
Regarde-toi.
Tu n’es pas un écho parmi d’autres. Tu es un créateur. Tu transformes des idées en valeur. Des mots en déclics. Des messages en solutions.
Et pourtant, les stats sont-là, que du « bruit ». Tes posts passent inaperçus. Tes mails ? Effacés sans les lire.
Tu laisses dire ?
Tu ne parles pas pour flatter ton ego. Tu parles pour aider. Pour résoudre. Pour avancer.
Mais pour qu’on t’écoute, il faut viser. Pas crier plus fort. Frapper juste. Frapper peu. Frapper fort.
Ce n’est pas un rêve creux. C’est une posture. Une stratégie. Un respect du cerveau humain.
🎤 Alors reprends le micro. Prends ta place. Devient la voix claire dans le vacarme.
Tu peux devenir celle ou celui qu’on écoute, qu’on cherche, qu’on attend.
La scène est là. Monte.
⏱️ 7 minutes chrono pour créer un message qui capte vraiment.
- Choisis ta cible précise.
Note un seul profil de prospect.
➤ Exemple : Marie, 38 ans, responsable RH dans une PME, débordée par les recrutements. - Écris sa douleur n° 1 sous forme de question.
➤ « Pourquoi je reçois si peu de candidatures vraiment utiles ? » - Formule sa transformation rêvée.
Dix mots max.
➤ Recevoir trois bons CV par jour sans passer des heures. - Crée un stimulus accrocheur.
Stat choc, contraste visuel ou métaphore.
➤ Un tamis géant au-dessus d’une pile de CV : “92 % partent à la poubelle” - Raconte une histoire en deux phrases.
Relie la douleur à ta solution.
➤ Marie a changé une ligne dans son offre d’emploi. Depuis, elle a triplé les bons retours. - Ajoute la valeur tangible + un CTA clair.
➤ Télécharge la trame d’annonce qui attire les bons profils (PDF 3 min). - Choisis deux canaux et un format adapté pour chaque.
➤ Carrousel LinkedIn pour les pros en veille passive
➤ Short YouTube pour les moments de pause
🧠 Une cible. Une douleur. Un hameçon. Tu tiens ton message. 👉 Reste à l’envoyer.
Tu viens de lire 3800 mots pour en arriver là.
Donc clairement, tu veux qu’on t’écoute mieux — pas plus.
➡️ Abonne-toi : chaque semaine, je t’envoie un décodeur de l’attention.
Pas de blabla. Une compétence activable, testée, ciblée, applicable dès demain.
Juste ce qu’il faut pour parler moins, être entendu davantage.
👉 Clique sur « Je reprends le micro »
Et prépare-toi à transformer ton message en aimant.
PS : et promis, je ne spamme pas. Le spam, c’est pour ceux qui n’ont pas lu jusqu’ici.
PSS : et n’oublie pas de partager avec plaisir des conversations conviviales en y mettant la forme.
Sources
- The Psychology of How Marketing Captures Our Attention.
L’article décrit les ressorts psychologiques que le marketing exploite pour attirer l’œil.
https://www.psychologytoday.com/us/blog/mind-brain-and-value/202303/the-psychology-of-how-marketing-captures-our-attention - L’attention, ultime défi d’un monde digital ?
https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2018/09/22501-lattention-ultime-defi-dun-monde-digital/ - Posner, M.I., & Petersen, S.E. (1990). The attention system of the human brain. Annual Review of Neuroscience
Etude fondatrice sur les mécanismes cérébraux de l’attention
https://d1wqtxts1xzle7.cloudfront.net/50463039/posner_petersen90-libre.pdf?1479762336=&response-content-disposition=inline%3B+filename%3DThe_Attention_System_of_the_Human_Brain.pdf&Expires=1749404482&Signature=M2m9wYJl9woNycH9yFRaYRNGcYoERG0-Sgmt8AMcmEBxBNNKRYwIsYvR2wecRYfWAaEx1b-bzWMWwUjA4MkW8CEqbBT~8Iqc9JD08LD-RlmCkQBfLVN~jaWNc5RhTyYqZp5ufzXLQFvtLEThfgqSMUqDDaoIyNBWTPR~U3wqQrJXiD5EW9H73zS6s5hHr28UiJlt6vWCl4jPHWEaivhkUvGEz6bVzVm1svakdn5ofQT-quP7Sh9QylZqyRW4x4O7SziEnyv2cHu3JUf6V1CK50I6VvUu2pLU~uBzND8HtTjCYOIW8elPp8vmz6TArHH135apoEW6JYdBg6O1ffbSOw__&Key-Pair-Id=APKAJLOHF5GGSLRBV4ZA - « Attention and Effort » de Kahneman, D. (1973).
Livre sur la théorie classique sur la capacité limitée de l’attention et son coût cognitif - « The Personal MBA » de Josh Kaufman.